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Contrebandiers de poèmes et de sons

14/12/2012

 La nouvelle remise du groupe Mugaldekoak (les frontaliers) a pour titre Begiak lekuko, une sorte de petite anthologie de littérature et de musique universelle. On peut remarquer, par rapport à l'antérieur, que ce travail  est plus musical, il offre une plus grande variété stylistique et il est plus riche en ce qui concerne l'instrumentation.

Lanaren kantua (Labour Song-Moussu Te Lei Jovents)

Sur l'antérieur ce fut le propre groupe qui créa la musique sur des paroles de Zelaieta, à cette occasion ils ont préféré de rapporter à l'euskera des chansons de divers styles et provenances. La pluralité des thèmes choisis tire au clair l'éclectique bon goût des intégrants du groupe qui démontrent aussi leur courage en affrontant des thèmes qui sont déjà des classiques de la musique populaire, dont les versions sont très nombreuses et desquels il est difficile d'offrir une nouvelle lecture. C'est le cas de Let Me Die in My Footsprints (Bob Dylan), Bird on a Wire (Leonard Cohen) et Folsom Prison Blues (Johnny Cash), des thèmes auxquels le quartet de Bera (Navarra) arrive à doter de personnalité propre. Mais il y a aussi des joyaux du folk anglais (Rose Hip November de Vashti Bunyan), des sons de fête des faubourgs de Marseille (Lanaren kantua, de Moussu T e lei Jovents), des rancheras mexicaines (Mi único camino du Quartet Bernal), un thème très connu de l'icône de la musique populaire (et de la révolution) portugaise Jose Afonso (Cantigas do maio), des thèmes traditionnels des Etats-Unis (Old Joe Clark), et même des chansons composées par le maître de l'ukulélé Jim Beloff (Blues on a Ukelele), le tout intercalé de la lecture de poèmes traduits en euskera d'auteurs comme la polonaise Wilsawa Szymborska, la yucatèque Margarita Robleda et le turc Nazin Hikmet, ou écrits par Edu Zelaieta lui-même..