Hemen zaude: Hasiera Magasin Home Made Commentaire

Commentaire

HOME MADE: LE DISQUE ET LES MUSICIENS

"Home-Made" est un projet qui surgit au cours de l’été 2003, avec neuf compositions originales du pianiste, enregistrées chez lui. De là le titre de l’album. L’ambiance qui entoure l’enregistrement est détendu et à la fois empressé : d’une part, avec le confort du foyer, mais avec très peu de répétitions préalables, vu l’agenda chargé sans guère de jours disponibles.

Que pouvons-nous trouver ici ? Avant tout, un Jon Urrutia qui met en évidence sa facette la plus rythmique et latine, mais sans sacrifier un fort composant lyrique qui lie tout l’album et dont témoignent les pièces de piano solo ou cette merveille ("La Perla del Estrecho") qu’il dédié de tout cœur à un être qui lui est cher. Latin oui, mais attentif à ces racines bop, de même qu’à sa connaissance des classiques européens et du folklore français ou hollandais.

Dans ce thème, le saxo alto Santi Ibarretxe (né à Bilbao il y a 39 ans) fait preuve de versatilité avec la flûte traversière. Il s’agit là de l’un des artifices des moments les plus optimistes du disque, un bon exemple de cette personnalité un peu surréaliste, qu’il affichait déjà dans sa formation Khatorno, ou dans son plus récent projet Prímital, se rapprochant des territoires samplers sans avoir peur du groove. Un saxophoniste qui a participé à plusieurs bandes sonores (et possédant un Diplôme Supérieur du Conservatoire de Copenhague).

L’un des autres éléments fondamentaux de l’enregistrement est certes la section rythmique, qui ne peut être négligée dans un travail clairement centré sur la percussion. On ne peut manquer de mentionner la contrebasse de Toño Miguel (Saragosse, 1978), un musicien encore jeune, avec une pulsation infatigablement solide et qui vient de la scène madrilène, où il a eu l’occasion d’apprendre de personnages tels que notamment Bob Sands ou Chris Kase, et d’accompagner Jerry González, Perico Sambeat ou Guillermo McGill, ainsi que d’autres figures de genres plus " populaires ". Il cultive aussi, sporadiquement, la musique de chambre… Le schéma principal de ce projet est complété par Borja Barrueta (Bilbao, 1975), batterie qui se trouve à l’aise dans les terrains les plus divers, en injectant aussi bien de l’adrénaline aux entraînants Ortophonk, qu’en couvrant le dos de Malcom Scarpa, ou en abordant la " jota por bulerías " de la surprenante Carmen París, dans la formation de laquelle il a coïncidé également avec Toño Miguel. Comme beaucoup des meilleurs musiciens de la péninsule, Barrueta connaît bien les secrets du Taller de Musics de Barcelone, ville où il a habité pendant deux ans.

Le jazz est une musique de rencontres et de dissensions et à "Home-Made" viennent apporter leur grain de sable d’intéressants invités. D’une part, Itxaso González, qui accentue de sa voix la vocation ouverte des compositions d’Urrutia et nous laisse l’eau à la bouche. Mais pour apaiser sa soif, rien de tel que de l’écouter, aux côtés de Gorka Benítez et de Dani Pérez, dans "Lur Berria/ New Land" (Fresh Sound). D’autre part, le rythmique Julio Andrade à la contrebasse et les percussionnistes Mariano Steimberg et Diego Álvarez "El Negro", fondamentaux dans leur tâche d’imprimer une lumière plus sincère aux paysages afro-cubains ou aux divagations flamenco…