Hemen zaude: Hasiera Magasin Gorri isila Commentaire

Commentaire

GORRI ISILA est le début d’ERRABAL, sceau basque de jazz, disposé à miser sur des créations réalisées ici et maintenant. Quoique certaines de ses prochaines références se trouvent déjà en processus de design et même de production plus ou moins avancé, ce catalogue nouveau-né est inauguré avec cet album local. Jazz en euskara.

Sans scat, sans onomatopées. Avec “uniquement” la force de la parole, du verbe devenu musique. Il s’agit d’un travail d’indiscutable base poétique, avec application du correspondant sens mélodique pour l’adapter au climat émotionnel surgi dans chacun des récits, principalement écrits par l’interprète elle-même, qui possède un riche univers intérieur, dévoilé ici avec grande douceur, délicatesse et sensibilité.

Fertile inventive qui transmet des sensations d’amour à l’égard de choses quotidiennes, du jour à jour – celles qui réellement sont importantes – et l’espoir d’atteindre un monde meilleur, malgré toutes les souffrances, le temps perdu ou les rides dissimulées par cette compatissante lumière que provoque le blues “Bioleten negua”.

En formations qui oscillent entre le trio et le quintette, Miren montre progressivement les différentes tonalités que couvre l’ENSEMBLE. Aux côtés de Joseba Loinaz et de Jean-Paul Gilles, au piano et à la contrebasse, elle affronte deux des pièces empruntées – à Iparragirre et Atxaga – pour les faire également siennes, étant donné le degré d’harmonisation avec lequel elles s’intègrent dans l’esthétique globale. Accompagnée par les guitares d’Edio Pessi, elle se livre à la fantaisie de Lisbonne, si génialement exprimée par Fernando Pessoa dans “Infado”, réussissant avec succès la connexion portugaise.

Dans le reste des passages, c’est le trio Salvador-Tejada-Celada qui seconde la protagoniste, avec une ouverte complicité, dans les diverses situations traversées. En appuyant, avec un élan décidé, la joie exprimée dans “Gure panpoxa” ou cheminant quasi sur la pointe des pieds, pour ne pas réveiller cette tendre créature qui concilie le sommeil au rythme de “Apatx”.

Dans la dernière composition, instrumentale et intitulée “Sur les cimes”, Jean- Louis Hargous fait preuve d’un esprit ouvert, à évident caractère d’improvisation. Épilogue mérité pour qui se constitue comme principal support de cette solvable entreprise.

**Pablo Zuñiga**