Agur Intxorta maite, chansons inconnues de la Guerre de 1936-37
Les premiers témoignages de la littérature basque sont des poèmes épiques qui décrivent différentes batailles de la lutte de nos ancêtres, en plein XIVème siècle : Urrexolako borroka, Akondiakoa... Un événement de la lutte entre les Agramont et les Beaumont (lignages du Royaume de Navarre) en 1440, est à la source du très célèbre Bereterretxen Kanthoria. Les guerres carlistes (1833/39 et 1872/76) sont à l'origine de nombreux vers et chants, certains aussi connus que Ai, ai, ai mutila, txapela gorria... Une des plus belles chansons d'Elizanburu, Solferinoko itsuak, est basée sur un épisode de la guerre entre les Français et les Prussiens (1859)... les guerres ont toujours produit des chansons.
Curieusement, notre dernière guerre semble n'avoir donné que Eusko Gudariak. Néanmoins, différents témoignages graphiques démontrent clairement la présence de la trikitixa sur le front. Durant le moments pénibles de la guerre, la musique et le chant représentaient d'importants alliés sans aucun doute, mais nous ne connaissions pas grand chose mis à part les hymnes des bataillons. Essayant de combler ce vide, l'écrivain Koldo Izagirre et le musicien Joseba Tapia ont mené d'importantes recherches sur des publications et archives de l'époque, ils ont en outre eu l'occasion de rencontrer des témoins survivants. Le résultat en est un grand recueil de poèmes et de chansons qui constituent ce qu'on pourrait appeler un Romancier Basque Anti-fasciste 1936-37.
Cet album n'est qu'un échantillon de ce patrimoine historique et culturel, totalement méconnu jusqu'à aujourd'hui, on pourrait même dire caché. À travers ces vingt chansons inédites, Joseba Tapia a magistralement reconstitué, avec l'austérité qui correspond à ces chants d'urgence, les larmes, les illusions et l'immense soif de liberté d'un peuple tout entier.
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